La caisse de secours minière

 

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La caisse de secours minière :

Les mines à l’origine du premier système français de protection sociale….!

Il faut remonter au règne d’Henri IV pour trouver les prémices d’une caisse de secours minière….

En effet, un édit de 1604 imposait aux propriétaires de mines de remettre un trentième des produits à leur trésorier afin de permettre que « les pauvres blessés soient secourus gratuitement… »

Plus tard au 19 ème siècle, à la suite de plusieurs catastrophes minières, l’Empereur Napoléon 1er prit en 1813, 2 décrets par lesquels les exploitants étaient tenus d’observer des mesures de sécurité, de prévoir et de prendre en charge les dépenses liées aux accidents. Ces caisses de prévoyance étaient alimentées par un prélèvement sur les salaires, une contribution patronale et une subvention de l’Etat.

La Compagnie des mines de Roche la Molière-Firminy, née en 1820, s’est très vite inquiétée de la santé de ses employés…, peut-être à la suite d’accidents nombreux et aussi pour lier l’ouvrier à « sa compagnie», car il perdait tous ses droits s’il en changeait….

En 1845, un hôpital est ouvert à Firminy, place du Champ de Mars (bas de l’actuelle rue Verdié): Il porte le nom du lieu-dit Lachaux. et est à proximité du puits qui porte le même nom. Il est dirigé par les Sœurs de St Vincent de Paul . Le bâtiment ainsi que tout le quartier de la place Lachaux fut rasé lors de la construction de l’autoroute, dans les années 1970.

En 1874, un autre hôpital est ouvert sur la commune de St Genest -Lerpt : c’est l’hôpital du Crêt.

Le terrain avait été acheté auparavant à la famille Grangette en 1866. Il comportait deux corps de bâtiment : le plus luxueux abritait la résidence du médecin, tandis que le second, plus sobre, donnait sur une cour accueillant les patients de l’hôpital.

L’hôpital était géré par un médecin, le Dr Galland, et disposait de 8 lits destinés aux blessés légers ;les blessés graves étaient dirigés vers des établissements hospitaliers stéphanois, ( clinique du Dr Duchamp, puis clinique Buisson). En plus, l’hôpital assurait la totalité de la distribution des médicaments à l’ensemble de la division. Le personnel était réduit : en dehors du médecin, il y avait un infirmier et une personne, souvent la femme de l’infirmier qui s’occupait de la nourriture.

Dans les années 1920, un nouveau service d’intervention chirurgicale ( sutures, réduction de fracture…) sous l’autorité du Dr Gignoux, est ouvert toujours à l’hôpital du Crêt et permet d’opérer et de garder s les malades sur place.

En 1929, il y avait 14 lits pour les blessés et 44 personnes ont été admises à l’hôpital.

Les Drs Gonthier et Perrot ont marqué cette période par leur grande compétence, à la fois humaine et médicale.

Un service de radiologie fut ensuite installé à partir des années 1930.

Puis, un second bâtiment fut édifié afin d’isoler les mineurs porteurs de l’ankylostomiase, affection intestinale grave d‘origine parasitaire.

Peu à peu, des dispensaires furent aussi installés :

un à la Malafolie ( Firminy) et 2 à Roche : rue Sadi Carnot (en 1925) et Beaulieu. ( 1930) Ces dispensaires étaient bien équipés. Celui de Beaulieu possédait un appareil de radiographie. Les visites se faisaient tous les jours pour les blessés. Les dispensaires assuraient aussi les visites prénatales et post-natales des femmes de mineur ainsi que des consultations des nourrissons, une fois / semaine.

Plusieurs puits disposent aussi de mini-dispensaire, sorte de salle de soins qui permettaient aux blessés de se faire soigner, en sortant de leur travail.

Des pharmacies des mines virent le jour ainsi qu’un corps de médecins des mines , plus important, notamment après la nationalisation des mines en 1946. ( Drs Goudy, Busquet …à Roche la Molière, Boguenman à Beaulieu, Vareilles…à Firminy, Chapuy …à La Ricamarie…).

A la libération, à l’occasion d’une réforme générale de la sécurité sociale, , il fut procéder à l’unification du régime de sécurité sociale minière (CANSSM).

En 1994, devant la diminution constante de la production de charbon, un pacte charbonnier est élaboré, considérant que « la collectivité nationale avait une dette vis-à-vis de la population charbonnière ».

Ce texte prévoit la fin de la production nationale de charbon en 2005 et s’accompagne de mesures sociales. Chaque mineur aura le choix de rester au sein du groupe Charbonnage de France jusqu’ à ce qu’il puisse bénéficier d’une mesure d’âge ou se diriger vers une conversion.

Depuis le 1er Janvier 2005, la Direction des Retraites de la Caisse des Dépôts gère la retraite des mines. Elle assure désormais, le recouvrement des cotisations et la gestion du risque vieillesse-invalidité des anciens mineurs et de leurs ayants-droits

La caisse autonome nationale de sécurité sociale dans les mines (CANSSAM) assure le financement et la trésorerie commune pour l’ensemble des branches de risques, dirige le contrôle médical, détermine les orientations de la politique de prévention et d’action sanitaire et sociale…..

Jusqu’ en 2007, quinze sociétés de secours minières géraient l’assurance maladie et 7 unions régionales géraient le risque AT( Accident de travail) et MP (maladies professionnelles) et pilotaient l’action sanitaire et sociale . Ces 22 organismes furent alors remplacées par la création de 7 caisses régionales de la sécurité sociale dans les mines chargées d’ organiser le système de soins dans leur circonscription en s’ouvrant à la population non minière.

Enfin et maintenant, le plan du ministre Xavier Bertrand, reprenant les conclusions du rapport Y. Lefur, prévoit la disparition du régime minier, d’ici 2013 en le basculant dans le régime général de l’assurance maladie.

Les mineurs encore en activité (mines d’ardoise en Maine et Loire et mines de sel en Meurthe et Moselle), les retraités et leurs veuves s’opposent à ce projet.

Ils seraient encore 180.000 en France et 4.000 dans la Loire et environ 500 à Roche la Molière ( mineurs retraités, veuves et ayant droits).

Toute une époque est en train de disparaitre :

A Firminy, la pharmacie des mines est fermée .A Roche, le bâtiment de « la caisse de secours » rue du Pr Calmette vient de disparaitre…, emmenant avec lui, un siècle d’histoire du patrimoine minier.

L’Homme du 21ème siècle semble vouloir oublier la mine et son patrimoine humain et architectural….

 

Bibliographie :

-Au jour et au fonds d’Amiproche : n° 1 et 2

-Le patrimoine minier stéphanois de M. Maurice Bedoin.

-Firminy autrefois en cartes postales de M. Georges Dard

-Caisse des dépôts-Retraite des mines - Historique du régime minier.: www.cdc.retraites.fr/portail

- Le patrimoine industriel de la région stéphanoise toujours en péril de R. Mouilhade: www.cilac.com

Les  2 photos proviennent de la Société d'Histoire de Firminy.  Avec tous nos remerciements.

Script: Serge Arnaud

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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